Mercredi 23 avril 2014 3 23 /04 /Avr /2014 18:50

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Il n’y a point de doute : dimanche 27 avril, la Place-Saint-Pierre de Rome sera noire de monde. Des foules viendront de partout pour vivre là cet instant solennel, où Jean-Paul II et Jean XXIII seront proclamés saints. Seront canonisés, pour parler comme les doctes de la sainte théologie. Autrement dit, désormais, c’est sur les autels qu’on les honorera, qu’on leur offrira une dévotion éternelle.

Dévotion éternelle ? De son vivant, Jean-Paul II n’y avait pas échappé. Il était un pontife respecté, aimé, adulé, notamment par les jeunes. Pour qui il avait crée les Journées Mondiales de la Jeunesse, une sorte de Woodstock spirituel où l’on proposait à tous l’amitié avec Jésus de Nazareth. A ses obsèques, ces mêmes jeunes, et avec tant d’autres, avaient scandé un puissant « Santo subito » (Saint, tout de suite). Car pour eux, l’enfant de Wadowice était déjà un saint. Il fallait que cela se sache.

Mais le pape Wojtyla n’était pas seulement ce spirituel estimé, il était le chef du plus petit Etat du monde, le Vatican. Là où aiment venir les présidents et rois du monde, là où s’était créée entre lui et Mikhaïl Gorbatchev l’alliance qui allait hâter l’effondrement du système communiste. Toutefois, tout n’était pas rose dans ce pontificat. On peut regretter que le pape n’ait pas agi, avec célérité et efficacité, contre le fondateur des Légionnaires du Christ, Marcial Maciel, impliqué dans les affaires de mœurs et de pédophilie. Que Benoît XVI, dans Lumière du monde, qualifia de « faux prophète ».

C’étaient les ombres…

Et il est temps d'évoquer la figure de Jean XXIII. Il restera dans l’histoire du catholicisme comme un des plus grands réformateurs. C’est le pape du concile Vatican II. Ce big-bang qui modernisa l’Eglise et lui donna les outils incommensurables et efficaces de son aggiornamento au monde. Le bon pape Jean fut aussi l’auteur d’une encyclique superbe, Pacem in terris. Il y écrivait : « La paix ne saurait régner entre les hommes si elle ne règne d’abord en chacun de nous, c’est-à-dire si chacun n’observe en lui-même l’ordre voulu par Dieu. »

 

Guillaume Camara

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Vendredi 18 avril 2014 5 18 /04 /Avr /2014 20:00

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Alors que se poursuivent à Kigali les cérémonies commémorant le 20e anniversaire du génocide rwandais, il est inutile d’affirmer qu’entre Paris et le pays des mille collines les relations ne sont pas bonnes, qu’elles sont plutôt exécrables.

Au cœur de ce différend : une interview publiée chez mes confrères de Jeune-Afrique, où Paul Kagamé, en sa qualité de chef d’Etat du Rwanda, s’en prend directement à la France pour sa supposée participation à l’œuvre génocidaire qui défigura sa patrie. Ce que n’apprécient pas François Hollande et le Quai d’Orsay. Du coup, désignée dans un premier temps pour représenter l’Hexagone à cette journée du souvenir - où 800 000 tutsis et hutus modérés perdirent la vie, Christiane Taubira, garde des sceaux, ne fera pas le déplacement. Elle sera priée de ne pas s’éloigner des berges de la Seine.

Mais quelle est la vérité des faits ? D’après, Jean-Hervé Bradol, ancien responsable des programmes de Médecins sans frontières des Grands lacs, la France de Mitterrand a bel et bien soutenu le régime de Juvénal Habyarimana dans les années précédant le génocide. Entre 1990-1993, les militaires français assuraient les entraînements des Rwandais. Il indique également que cette abomination n’était pas la conséquence d’une haine ancestrale opposant une ethnie contre l’autre. Pour lui, les vrais tueurs étaient des miliciens de partis politiques, des organisations de jeunesse des partis les plus radicaux.

Ce qu’il faut ajouter à ce témoignage, le 6 avril 1994, ce n’est pas un seul pays, ni une géographie qui avait failli, mais toute l’humanité. Le monde s’était montré passif, sourd, complice d’un film macabre, alors qu’une foule d’innocents sans défense le hélait. Voilà ce que doit comprendre M. Kagamé. Lui qui, par ailleurs, sème la terreur chez ses voisins...

 

Guillaume Camara


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Jeudi 3 avril 2014 4 03 /04 /Avr /2014 18:40

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Cette semaine, nombreuses sont les villes françaises qui installeront sur leur trône les édiles, fraîchement élus à l’issue du second tour des municipales. Moment fort important, parce que participant au rayonnement et à l’enracinement de la démocratie des territoires.

Un visage retiendra – si ce n’est pas encore fait - l’attention des gazettes, c’est celui de Marieme Tamata-Varin. Agée de 32 printemps, cette jeune femme, originaire de la Mauritanie, a été élue, après une campagne franchement nauséabonde, maire de Yèbles, un petit bourg de 700 âmes.

Il est évident que si l’on se fie à ce chiffre, elle ne sera pas à la tête d’une grande localité encore moins d’une métropole, mais ce qui compte c’est la symbolique de cette élection.

Un scrutin où l’on n’a pas arrêté de gloser sur la poussée de l’extrême-droite, le désormais tripartisme de la scène politique française. A mon sens, et malgré son essor dans certaines aires géographiques, notamment le nord et le sud, le FN n’est pas encore le porteur d’une réalité tripartite, tant qu’il n’y aura pas dans le temps une permanence de sa gestion des villes hexagonales.

Pour l’instant, il en a gagné une dizaine, seulement, et le reste se trouve dans l’escarcelle des partis dits républicains. Ou dans des mains des personnes non-encartées, comme Marieme Tamata-Varin dont le sourire scelle le triomphe de la fraternité sur la haine. Elle qui est Française depuis six ans. La durée du mandat qu’elle s’apprête à exercer.

 

Guillaume Camara 

  

Par AFRICANUS - Publié dans : politique
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Vendredi 28 mars 2014 5 28 /03 /Mars /2014 12:41

La fièvre électorale monte en Algérie, où la présidentielle a été fixée pour le 17 avril prochain. Cinq candidats participeront ainsi à ce bal démocratique : Louisa Hanoune (Parti des travailleurs), Moussa Touati (Front national algérien), Ali Fawzi Rebaïne (Ahd 54), Abdelaziz Belaid (un ancien du FLN) et Abdelaziz Bouteflika.

Ce dernier, toujours en responsabilités, reste un sire épatant. Il est l’archétype même d’un politique pour qui la retraite est le vocable à abhorrer, à bannir. Ce qui est fondamental à ses yeux, c’est de s’accrocher à son trône. Ne plus le quitter. Vivre pour lui. Mourir pour lui.

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Or à 77 ans, ce président,

récemment victime d’un accident vasculaire cérébral, n’a plus ses forces d’antan. Pourtant, cela ne l’a guère empêché d’annoncer aux Algériens et Algériennes son souhait de briguer un quatrième mandat. Il estime que sa maladie ne doit pas être un obstacle pour assumer les plus hautes fonctions étatiques.

Si, quand même. Une élection suppose un minimum de vigueur physique et intellectuelle, d’allant. C’est bien le sens des contestations, des affiches « Bouteflika ! Dégagez ! » qui ont suivi après cette annonce étonnante. Pour la rue algérienne, le temps Bouteflika est terminé. Il faut maintenant laisser la place à d’autres. A une nouvelle génération de leaders pouvant s’attaquer résolument à la crise économique et sociale qui ronge cette patrie de saint Augustin. 

Guillaume Camara

 

Par AFRICANUS - Publié dans : politique
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Vendredi 7 mars 2014 5 07 /03 /Mars /2014 23:22

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En matière de politique étrangère, une nation aura été la star de la semaine : l’Ukraine. Un pays dont le destin politique et institutionnel est aujourd’hui assombri et incertain. La faute à ceux qui le dirigent et préfèrent adopter une posture velléitaire : entre un accord d’association avec l’Union européenne et un accord gazier avec le grand frère Russe. 

Pendant ce temps, dans les rues de Kiev, on crie son ras-le-bol, on fustige l’incurie des politiques, on meurt aussi. Surtout, on ne veut plus vivre sous la tutelle de Moscou. L’Europe est la nouvelle Terre promise des manifestants : tous estiment que c’est par elle que pourra s’esquisser un avenir fait de démocratie et de prospérité économique.

Cela sera-t-il possible ?

D’autant plus que Vladimir Poutine ne veut rien entendre ; ses soldats ont déjà envahi la Crimée. Une décision fort contestable, qui méprise le droit international et provoque l’ire des chancelleries occidentales, y compris l’Amérique de Barack Obama. Pour Poutine, l’Ukraine c’est un peu sa chose. Une chose qui a naguère appartenu à l’ex-URSS, dont il est le défenseur machiavélique.

 

Guillaume Camara

 

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  • : Animé par Guillaume Camara (journaliste spécialisé sur le continent noir et le catholicisme), Africanus est un blog d'information essentiellement consacré à l'Afrique.

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