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  • : Je suis journaliste. Depuis une décennie, j'assure une collaboration pour le journal " l'Union de Reims ", où j'ai en charge une rubrique sportive hebdomadaire. Par ailleurs, je me suis spécialisé sur l'Afrique et le catholicisme.

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Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /2010 19:26

 Quel destin ! quel gâchis ! quelle poisse ! De telles exclamations sont tout à fait naturelles pour évoquer la grande figure de Patrice Émery Lumumba. Car son parcours politiqulumbumba1.jpge aura été fugace. Très fugace même – Il fut assassiné à l’âge de 36 ans. De lui, on sait qu’il né le 2 juillet 1925 à Onalua. Qu’il avait été journaliste à Léopoldville et à Stanleyvillle, puis premier-ministre de Joseph Kasa-Vubu, l'un des principaux personnages de l'indépendance du Congo. Mais, entre les deux hommes politiques, l’idylle ne durera pas longtemps…  Entre-temps, un putsch éclate. Et c’est Joseph Désiré Mobutu qui en a les commandes. Arrêté, Lumumba sera conduit à Elisabethville, au Katanga. Il y connaîtra des humiliations, une fusillade de la part de Moïse Tshombé (le chef sécessionniste katangais). Dans cette exécution, plusieurs historiens soutiennent la thèse d’une complicité évidente, incontestable, de certaines nations occidentales. D’abord les Etats-Unis d’Eisenhower qui souhaitaient la disparition du « premier héros national » pour ne pas que le Congo embrasse le communisme ; ensuite la Belgique qui redoutait son credo d’indépendance économique. Le royaume belge a donc été complice. Mais, par rapport à l’histoire, quelques mots peuvent hâter sa rédemption : « À la lumière des critères appliqués aujourd'hui, certains membres du gouvernement d'alors et certains acteurs belges de l'époque portent une part irréfutable de responsabilité dans les événements qui ont conduit à la mort de Patrice Lumumba. Le Gouvernement estime dès lors qu'il est indiqué de présenter à la famille de Patrice Lumumba et au peuple congolais ses profonds et sincères regrets et ses excuses pour la douleur qui leur a été infligée de par cette apathie et cette froide neutralité. »

 
Guillaume Camara

Par AFRICANUS - Publié dans : politique
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Vendredi 5 février 2010 5 05 /02 /2010 17:52

 haiti.gifLes chaînes de télévision se retirent peu à peu de tes pourtours. Dans quelques jours, elles orienteront leurs micros et caméras vers un autre ailleurs (…) Que veux-tu ? C’est cela la loi de l’info. Et plus personne ne parlera de toi. Toi, Haïti, dont le calvaire est si grand. J’entends encore le râle poignant de ton peuple. Je ne souhaite pas que tu intègres la caverne des cités oubliées. Les jours qui ont précédé, tout a été dit sur toi ; des superlatifs ont jailli de tous les bords, de toutes les bouches. Quelquefois raisonnablement, quelquefois exagérément. Certains ont même dit que ce séisme qui t’a écrasée était la conséquence d’une malédiction. Malédiction ? Ce mot, je le trouve inopportun, moche. Je le récuse. De toutes mes forces. Comme Dany Laferrière, un de tes fils aux talents immenses. N’importe quelle contrée de la terre aurait pu subir ton drame. Je dis bien : ton drame, pas ta malédiction. Tu n’es pas dans les rets de l’imprécation divine. Tu n’es pas en train d’écrire, ici-bas, un nouveau récit de Job. Mais ça, tu le sais déjà. Haïti ! Haïti ! chante ta Foi ! chante ton éternel psaume d’espérance. Crois en la Résurrection de tous tes enfants tués, foudroyés, déchiquetés. Sois inébranlable. N’oublie pas que c’est toi qui montras le sillon à la première négritude indépendante. 

 

Guillaume Camara 

 

 

Par AFRICANUS - Publié dans : international
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Mardi 2 février 2010 2 02 /02 /2010 18:18

 senghor1« Alors, bizuth ! comment t’appelles-tu ? D’où viens-tu ? – Je viens de la Martinique et je m’appelle Aimé Césaire, et toi ? – Je m’appelle Léopold Sédar Senghor et je viens du Sénégal. » Cette citation est celle d’Aimé Césaire qui expliquait à un reporter du journal Le Monde le commencement, au lycée Louis-le-Grand, de son amitié si belle, si riche, si féconde, avec Léopold Senghor. Senghor-Césaire, voilà un couple de poètes sublimes, voilà deux noms à jamais inscrits dans le firmament de la littérature négro-africaine. Ils ont illuminé les consciences ; ils ont porté au pinacle ce que nous, Africains, avons de meilleur poétiquement ; ils ont co-inventé la Négritude que Senghor a défini comme « l’ensemble des valeurs culturelles du monde noir, telles qu’elles s’expriment dans la vie, les institutions et les œuvres des Noirs. » Senghor est la lampe de cette prose-souvenirs. Issu de la bourgeoisie sérère, Léopold Senghor voit le jour le 9 octobre 1906 à Joal. Il était le fils de Basile Diogoye Senghor et de Gnilane Ndiémé Bakhoum. A cette maman, il offrit un nom en poésie, « Nyilane la douce ». Proche de cette Tendresse nourricière, l’Enfant de Joal l’était tout autant des Pères spiritains de Ngasobil, du collège-séminaire François Libermann de Dakar. C’est ici qu’il obtint son baccalauréat avant de fouler la terre de France. Entre lui et le pays de Molière, c’est une grande histoire. Une épopée littéraire, une aire de conscientisation identitaire, une passion amoureuse. « Seigneur, parmi les nations blanches, place la France à la droite du Père », écrivait-il dans sa Prière pour la Paix. Mais, par-dessus tout, il était de l’Afrique, du Sénégal. Ce pays qu’il dirigea avec autorité, qu’il initia à la démocratie, au multipartisme. Volontairement, il quitta le pouvoir. Choisit la « normanditude » et les fastes de l’Académie française, dont il fut un membre éminent. Senghor n’est plus de ce monde. Il repose au « Royaume de l’enfance ».

 

Guillaume Camara

Par AFRICANUS - Publié dans : politique
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Lundi 25 janvier 2010 1 25 /01 /2010 08:15

Benoit.jpg 


Le Vatican, ringard ? Réfractaire à la modernité ? Non, ne le dites plus. Ne le pensez plus. Si vous avez le moindre doute, courez vite pour retrouver les majestueuses colonnades du Bernin : elles rendent désormais gloire au dieu Web, à sa science, à sa nouveauté, à sa créativité, à son attrait. Benoît XVI en donne le gage. Et n’hésite pas à le proclamer, explicitement, dans son message pour la 44e Journée mondiale des communications sociales : « Le développement des nouvelles technologies et, dans son ensemble, le monde numérique représentent une ressource précieuse pour toute l'humanité et pour l'homme dans la singularité de son être, de même qu'une stimulation pour la rencontre et le dialogue. Mais ils se présentent, aussi, aux croyants comme une grande opportunité », écrit-il. « Les prêtres doivent saisir avec sagesse les singulières opportunités offertes par la communication moderne », et devenir « des hérauts passionnés de la Bonne Nouvelle également dans la nouvelle agora créée par les moyens actuels de communication ». Oui, agora : j’aime la musique et la joliesse de ce mot. Je souhaite que le monde digital (auquel vous et moi appartenons, maintenant) le soit franchement. Qu’il échappe aux loups. Qu’il appartienne uniquement à ceux et celles dont l’obsession première est de prêcher l’humanisme. Un humanisme debout, fraternel, ami de l’éminente dignité humaine.

Guillaume Camara

Par AFRICANUS - Publié dans : religion
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Vendredi 22 janvier 2010 5 22 /01 /2010 18:27

jean-marie-dore.jpg 
La Guinée inaugure une nouvelle phase de son histoire contemporaine susceptible de la conduire vers les rives somptueuses de la démocratie. Qu’importent les ratés d’hier ! Le temps démocratique est arrivé pour ce pays. Mais restons prudents, tout de même. Ne chantons pas, hâtivement, et à tue-tête, le Gloria d’optimisme. Attendons et voyons. Voyons si l’accord de Ouaga sera appliqué à la lettre. Que dit-il ? Il dote le pays de Sékou Touré d’un nouvel exécutif. Celui-ci sera composé de Sékouba Konaté (président par intérim), Jean-Marie Doré (premier-ministre) (photo), Rabiatou Serah Diallo et Mamadouba Toto Camara (vice-premiers-ministres). Ces quatre ne doivent en aucun cas participer au prochain scrutin qui sera organisé dans un délai de six mois. Le défi est immense. Mais la Guinée se doit de le relever. Promptement. Même si on sait qu’au sein d’une partie de son armée (habitée par des clivages ethniques et générationnels) la tendance est aux velléités, aux atermoiements, aux éternelles caresses des privilèges. Non au statu quo ! Une Guinée moderne, c’est celle qui épousera la démocratie et fera de ces hommes et femmes en treillis : des républicains !

 

Guillaume Camara

 

Par AFRICANUS - Publié dans : politique
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